travaille-t-on vraiment moins que dans le secteur privé ? Démontons les clichés !

Le refrain est connu, usé, et revient à chaque coin de rue ou sur les plateaux télé dès qu’il s’agit de justifier l’austérité : « Les fonctionnaires ne travaillent pas assez ». Pourtant, lorsqu’on regarde les données de près, la réalité est bien loin des fantasmes de la droite managériale et des attaques gouvernementales.

À FO SP Rhône-Alpes, nous refusons de laisser salir les agents qui font tenir le pays debout. Sortons les chiffres, rétablissons la vérité et portons le fer là où ça fait mal !

1 607 heures : La réalité des chiffres contre le dénigrement systématique

Certes, en moyenne brute, un agent public affiche 1 637 heures par an contre 1 684 heures dans le privé. Une différence de quelques jours à peine, que les détracteurs du service public brandissent comme un trophée.

Ce qu’ils oublient de dire : Cet écart minime s'explique par des congés et des RTT historiquement négociés pour compenser la faiblesse de nos salaires et la pénibilité de nos missions.

De plus, la violente réforme de 2019 est passée par là, imposant les 1 607 heures au forceps, brisant les accords locaux et réduisant considérablement les régimes dérogatoires. Le prétendu « privilège » a bon dos : l'alignement à marche forcée est déjà une réalité. Mais l’analyse purement comptable ne peut pas — et ne doit pas — se limiter au seul volume d’heures.

Territoriaux et Hospitaliers : Cibles faciles, missions vitales

Le gouvernement et les think-tanks ultralibéraux adorent pointer du doigt des disparités entre les trois versants :

  • Fonction publique d’État (hors enseignants) : 1 701 heures annuelles (plus que le privé !)

  • Fonction publique hospitalière : 1 617 heures annuelles

  • Fonction publique territoriale : 1 599 heures annuelles

Oui, la fonction publique territoriale affiche la durée annuelle moyenne la plus faible. Et alors ? Doit-on s’en excuser ? Sûrement pas ! Ce chiffre est le reflet de métiers usants, de terrain, exercés par des agents de catégories C majoritairement, qui assurent les missions de proximité essentielles auprès des citoyens (écoles, routes, action sociale, déchets...). Ce ne sont pas des heures en moins, ce sont des vies usées au service du public !

L'envers du décor : Horaires décalés, usure et manque de reconnaissance

Le temps de travail ne dit rien des conditions concrètes d’exercice. Et sur ce terrain, le service public paie un tribut très lourd :

Le sacrifice des week-ends et de la vie de famille

Le travail en horaires atypiques est massivement plus fréquent chez nous. 34 % des agents publics travaillent le dimanche, contre seulement 19 % dans le secteur privé. Qui assure la continuité du service public pendant que les donneurs de leçons se reposent ? C'est nous !

La santé des agents sacrifiée

L’absentéisme pour raison de santé est de 11,1 jours d’absence par an dans la fonction publique, contre 10,6 jours dans le privé. Ce n'est pas de la paresse, c'est de l'épuisement professionnel ! C'est la conséquence directe du manque d'effectifs, de la perte de sens et de la dégradation continue de nos conditions de travail.

Le mythe du confort moderne

Enfin, contrairement aux idées reçues sur la « planque » administrative, le télétravail est moins développé dans le public : seulement 18 % des agents télétravaillent, contre 22 % dans le privé. Nos métiers sont des métiers de contact, de présence et d'action concrète.

Le message de FO SP Rhône-Alpes : Fier·es d'être agents publics !

Derrière la bataille des chiffres se cache une bataille idéologique. On cherche à culpabiliser les agents publics pour mieux privatiser, couper dans les budgets et geler le point d'indice.

À FO, nous ne courberons pas l'échine. Le service public n'est pas un coût, c'est la richesse de ceux qui n'en ont pas. Nos heures de travail se mesurent en vies sauvées, en enfants éduqués, en routes entretenues et en solidarité concrète.

Assez de bashing ! FO SP Rhône-Alpes restera toujours en première ligne pour défendre le statut, nos conditions de travail et notre dignité.

 

 

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