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Le droit de grève est un droit fondamental à valeur constitutionnelle. Pour autant, dans la fonction publique, l’administration cherche constamment à le concilier avec le principe de continuité du service public.
Face aux évolutions législatives récentes (et notamment l'intégration des dispositions de la loi de transformation de la fonction publique au Code Général de la Fonction Publique - CGFP), FO SP Rhône-Alpes fait le point sur vos droits et vos devoirs pour faire valoir vos revendications en toute sécurité.
Le droit de grève se définit comme la cessation concertée du travail pour la défense d’intérêts professionnels. C'est un mouvement par principe collectif, même si un agent peut faire grève seul s'il est le seul à exercer sa fonction (ex: un gardien de musée).
Toutefois, ce droit n'est pas absolu. Il ne doit pas être abusif et doit rester compatible avec la sécurité des personnes et des biens. De plus, certaines formes de grève sont strictement illicites :
La grève politique (sans but professionnel).
La grève tournante (arrêts de travail par roulement successif des secteurs ou catégories).
La grève du zèle (rendre l'exécution du service impossible par un respect excessif des consignes).
La grève sur le tas (avec occupation et blocage des locaux).
La grève perlée (CGFP, art. L114-9).
Attention au pouvoir des chefs de service : La jurisprudence leur reconnaît le droit de fixer eux-mêmes les limitations nécessaires pour assurer la continuité du service ou la sécurité, sous le contrôle du juge administratif.
Dans le secteur public, l'exercice de la grève est conditionné par le dépôt d’un préavis par une organisation syndicale représentative.
Communes de plus de 10 000 habitants et EPCI : Le préavis doit être transmis à l'autorité hiérarchique 5 jours francs avant le début de la grève. Il doit préciser les motifs, le champ géographique, l'heure de début et la durée (limitée ou non). Pendant ces 5 jours, l'administration et les syndicats ont l'obligation de négocier.
Communes de moins de 10 000 habitants : Le préavis de grève n'est pas obligatoire.
Cas particulier des enseignants (écoles maternelles et élémentaires) : Le préavis ne peut être déposé qu'après une négociation préalable avec l'État. En cas de grève, l'enseignant doit déclarer son intention de faire grève au moins 48 heures à l'avance (comprenant au moins un jour ouvré).
Depuis la loi de transformation de la fonction publique (désormais intégrée aux articles L114-7 et suivants du CGFP), un dispositif de service minimum peut être instauré dans la FPT pour les services jugés essentiels (salubrité, ordre public, besoins de la population).
Les services concernés sont strictement limités par la loi :
Collecte et traitement des déchets ménagers
Transport public de personnes
Aide aux personnes âgées et handicapées
Accueil des enfants de moins de 3 ans et accueil périscolaire
Restauration collective et scolaire
L'autorité territoriale et les syndicats représentatifs négocient un accord pour identifier les fonctions et le nombre d'agents indispensables. Si aucun accord n'est trouvé dans les 12 mois, c'est l'assemblée délibérante (le Conseil) qui tranche.
Obligation individuelle : Les agents occupant ces fonctions indispensables doivent déclarer leur intention de participer à la grève au plus tard 48 heures avant. S'ils renoncent à faire grève ou s'ils décident de reprendre le travail plus tôt, ils doivent prévenir l'autorité au plus tard 24 heures avant.
Faire grève suspend l'exécution du service. Par conséquent, une retenue sur traitement est appliquée. Dans la fonction publique territoriale, contrairement à la fonction publique d'État (règle du trentième indivisible), la retenue doit être strictement proportionnelle à la durée de la grève (au prorata du temps de travail non effectué).
Le non-respect des règles (absence de préavis quand il est obligatoire, non-respect des 48h de déclaration pour le service minimum, grève illicite) peut entraîner des sanctions disciplinaires.
Cependant, ces sanctions doivent respecter le principe du contradictoire (accès à votre dossier, possibilité de présenter des observations). De plus, le Conseil d'État protège les agents de bonne foi : si vous participez à une grève irrégulière sans le savoir sciemment, cela n'est pas considéré comme une faute.
Le droit de grève est notre arme ultime pour défendre nos conditions de travail et le service public. Face à la multiplication des tentatives de l'administration pour restreindre ce droit via le "service minimum", restons vigilants et informés. Ne vous laissez pas intimider, mais respectez le cadre légal pour vous protéger !
Un doute ? Une question sur les modalités de grève dans votre collectivité ? Contactez vos représentants FO SP Rhône-Alpes !